Randonnée en Corse d’Ajaccio à Calvi

Randonnée en Corse d’Ajaccio à Calvi

Organisateurs : Comité Régional du Sport en Milieu Rural PACA En collaboration avec le Foyer Rural de Villes sur Auzon (84)


Dimanche 25 avril

Après une traversée bien calme sur le Méga Express, l’arrivée à Ajaccio sous un ciel bien sombre ne laisse en rien présager une belle journée. Pourtant, le ciel s’éclairera petit à petit.

Les bagages stockés dans le garage de l’hôtel « le Dauphin », nous partons par petits groupes à la découverte ( ou redécouverte pour certains ) de la ville. Le marché est superbe, légumes, fruits, fromages, charcuterie de Corse abondent. Malheureusement, les musées sont fermés et la matinée un peu longue. L’après-midi est programmée une rando sur le sentier des « balcons d’Ajaccio ». Nous n’irons pas jusqu’aux îles sanguinaires, le temps donné par le topo-guide étant fantaisiste. Nous serons bien heureux de rentrer en bus et de prendre possession de nos chambres avant de goûter la cuisine corse de l’hôtel (jambon et cannellonis au broccio ).


Lundi 26 avril

Cargèse – Piana - 6h de marche

Le trajet Ajaccio-Cargèse se fait en bus avec, pour notre groupe, un chauffeur à la conduite sportive. Le reste du groupe, conduit plus calmement par Nicole et Caty, nous attend au départ de la rando. Nos deux « anges gardiens » distribuent fruits secs et petits gâteaux avant de rejoindre la plage d’Arone ou nous les retrouverons pour le pique-nique. Après un passage « hors piste » dans les buissons, un peu pénible pour les jambes nues, nous retrouvons un sentier un peu raide avant de redescendre vers la plage par un très beau sentier en balcon sur la mer. L’eau est bien fraîche et les intrépides qui ont mis le maillot de bain ne s’y attardent pas trop.

Les paysages de l’après-midi sont magnifiques, on a presque toujours la mer et sa cote rocheuse (ex : Capo Rosso ) sous les yeux. Heureusement, car les 8km de goudron inévitables pour rejoindre Piana sont bien pénibles pour nos pieds.

Le gîte Giargalo est très bien situé mais l’accueil de la Dame est plutôt distant. Elle a l’air d’ignorer que les randonneurs fatigués ont besoin d’être au chaud pour le repas du soir et nous sommes relégués sous la tente pleine de courants d’air, avec un petit chauffage. La salle à manger est réservée aux clients « chambres d’hôtes ». Mais la bonne humeur du groupe nous réchauffe et la cuisinière nous régale de morue…portugaise aux pommes de terre très bien cuisinée.


Mardi 27 avril

Rando prévue : Capus d’Orto – 1294m (le plus haut sommet des Calanches de Piana ) – 7h de marche – 900m de dénivelé.

Nicole et Caty se sont levées à 6h pour nous préparer, dans le froid, un bon pique-nique. Nous ne serons que 9 courageux à prendre le départ : 3 femmes et les 6 hommes du groupe. L’orage est prévu pour la fin de l’après-midi mais il arrivera bien plus tôt, interrompant le pique-nique au sommet et nous obligeant à faire une descente rapide sous les éclairs. Jean-Marie est inquiet à juste titre. Heureusement, les plaques rocheuses ne sont pas trop glissantes et nous pourrons nous abriter sous une avancée rocheuse pour éviter les plus fortes pluies. Après une accalmie, mais toujours sous la pluie, nous attaquons la descente d’un sentier caillouteux très glissant. Marie-Madeleine est la première à chuter, une pierre coupante lui fait une vilaine plaie à la main. En piochant dans toutes les trousses de secours du groupe, Corinne, en infirmière très compétente, nettoie la blessure et fait un bon pansement. Nous reprenons la descente lorsque les couleurs reviennent sur les joues de la blessée qui s’accroche aux bras solides de deux vaillants marcheurs. Puis, ce sera au tour de Corinne qui finira la descente avec un bel hématome sur le tibia. Claude va nous démontrer comment on peut tomber et se relever presque en même temps. Au bout du chemin, le minibus attend Marie-Madeleine pour la conduire chez le médecin. Il faudra quelques points de suture.

Belle balade quand même…avec une grimpette sympa dans les rochers pour atteindre le sommet.

Au gîte, nous avons encore droit au repas sous la tente mais le froid ne nous empêche pas d’apprécier la bonne soupe et la tajine de veau. L’ambiance est très joyeuse (malgré les réflexions du matin sur le bruit que nous aurions fait la veille…). Alors ce soir, en sourdine après 22h !


Mercredi 28 avril

Il fait beau ! Les sacs sont chargés dans le minibus que nous retrouverons à midi sur la plage de Porto pour le pique-nique. Au programme : 6h50 de marche – Piana – Porto, par les Calanches, le matin – Porto - plage de Bussaglia l’après-midi.

La rando par les calanches est époustouflante de beauté. Les rochers de porphyre rouge aux formes souvent bizarres dominent la mer et offrent un spectacle superbe. Alain, « grâce » à une pierre qui roule sous le pied, fait un tour dans les buissons. Il profite ainsi des soins de l’infirmière préférée du groupe qui pourra soigner ses écorchures mais pas ses lombaires qui vont le gêner jusqu’à la fin des randos. Le pique-nique au soleil, sur la plage, avec une salade délicieuse, est bien agréable. Nous sommes 6 à profiter du minibus pour aller directement à l’hôtel et « sécher » la marche de l’après-midi. L’accueil à l’hôtel l’Aiglon est très sympathique, les chambres confortables. Le patron est à la fois cuisinier (très bon) et accompagnateur de randonnées pédestres. Il conseillera utilement Jean-Marie sur les sentiers à prendre pour rejoindre le « tra mare monti « que nous allons suivre jusqu’à Galeria. Les fauteuils de la terrasse nous tendent les bras et nous allons mettre à mal la réserve de « cap Corse » du bar. Le repas du soir est excellent, raffiné et très bien présenté. Après le dessert, la discussion autour de la table a pris une dimension très philosophique…avec pour sujet qu’est-ce que l’âme ? Le point de vue d’Anne-Lise, la scientifique, en interpelle plus d’un et m’ancre dans mes convictions.


Jeudi 29 avril

Bussaglia – la Girolata - 8h de marche Nous partons le sac léger, nous retrouverons nos cuisinières à Curzu. Le temps est splendide. Après un peu de goudron et un passage le long d’une décharge bien choquante, une grimpette très raide en fait souffrir certains mais la suite du sentier est magnifique. Nous passons Martinello et ses maisons accrochées à la pente. Nous sommes à Curzu vers 11h15…c’est un peu tôt pour le pique-nique mais tant pis, il reste beaucoup de kilomètres avant la Girolata. Et puis, le poulet est très appétissant. Nous sommes 8 à reprendre la marche à 12h15 sous un bon soleil. Caty et Nicole vont emmener les autres à Bocca à Crocce et retourner à Busaglia ou elles profiteront de l’hôtel une nuit de plus. La sieste à l’ombre sera bonne paraît-il ! Le sentier grimpe bien ( +450m environ ) avant de suivre les crêtes pour retrouver les autres près d’une buvette bienvenue. Nous reprenons un peu de vigueur pour rejoindre le site splendide de la Girolata ou nous attend le très sympathique gîte du Cormoran. Les sacs sont un peu plus lourds, il faut prendre les affaires pour la nuit. Le village n’est pas accessible en voiture. Nous dévalons le sentier du facteur jusqu’au site Cala di Tuara et sa plage de galets. Encore 150m de montée et nous découvrons la Girolata et sa tour génoise. La descente n’est plus qu’une formalité rapidement expédiée. Je rêve d’avoir les pieds dans l’eau, 25km et 1000m de dénivelé + laissent des traces dans les jambes. Dominique et Claude ont mis le maillot et trouvent la température de l’eau meilleure que sur les autres plages. La soupe de poissons et les poissons grillés, très frais, font le bonheur de tous, sauf du malheureux Benoît qui n’aime pas le poisson.


Vendredi 30 avril

La Girolata-Galèria – 6h – dernière journée de rando ; Nous reprenons le sentier du facteur en sens inverse, en nous retournant souvent pour ne rien perdre de ce paysage splendide. Au col, nous laissons la direction Bocca à Crocce pour prendre à gauche le sentier qui nous mène vers la route ou nous attend le minibus au col Palmarella ( Bocca di Palmarella). Ceux qui vont continuer la rando en profitent pour alléger les sacs. Tout le monde prend le pique-nique et les plus courageux le mangeront à la Punta di a Literniccia après une montée de 350m pour ouvrir l’appétit. La vue sur le golf de Girolata est splendide. Nous aurions pu arriver là par Bocca di Fueta mais nous n’aurions pas eu le ravitaillement par le minibus. La descente sur Galèria est longue et les jambes fatiguées n’en voient plus la fin, même si le paysage est très beau. Le gîte Marine est enfin là ! Une bonne douche nous attend et nous aurons tout le temps devant nous pour apprécier la terrasse et le vin de myrte en apéritif.


Samedi 1er mai

Jean-Marie laisse sa casquette de guide pour celle de chauffeur et conduit sa troupe à Calvi par la pittoresque route du bord de mer. La petite ville mérite vraiment une visite. Considérée comme la perle de la Corse du nord et de la Balagne, elle s’étale le long d’une large baie de 6km. Sa citadelle fortifiée par l’Office de saint Georges est le symbole de six siècles de domination génoise. La cathédrale Sainte Jean Baptiste renferme quelques œuvres d’art intéressantes. Au détour d’une rue, on tombe sur la maison ou serait né Christophe Colomb ! Originaire de Gênes ou de Calvi ? enterré à Saint-Domingue (ou paraît-il le tombeau est vide) ou en Espagne ? beaucoup veulent profiter de la gloire du bonhomme ! Nous nous retrouvons tous pour un dernier repas fort agréable, en terrasse, face au port. Rien que du bonheur ! Nous n’aurons pas la récompense promise aux enfants sages : le trajet en train Calvi-Bastia, la ligne étant fermée pour travaux. C’est en minibus ou en car que nous rejoindrons Bastia sous la pluie. Une traversée jusqu’à Toulon sans histoire, si ce n’est la « pagaille » du repas du soir dont nous sommes sortis gagnants (buffet complet à volonté). La mer est très calme et l’arrivée à Toulon se fait sous un ciel gris. On sent que la pluie n’est pas loin, mais aujourd’hui, elle ne nous gênera pas.

Nous avons eu LA semaine de beau temps : avant c’était mauvais, après …le déluge. Un seul après-midi de mauvais temps pour que l’on n’oublie pas comment cela aurait pu être ! Cette petite partie de la Corse nous a enchantés : les paysages, les fleurs, les odeurs, tout y était. Mais surtout, l’organisation était au top ! on sent l’équipe bien rodée et prête à recommencer. Pourquoi pas en Corse du sud en 2011 ? Un grand merci à Nicole et Caty, (le tandem fonctionne vraiment bien !) Et à Jean-Marie qui ne nous a jamais « perdus » (c’est un peu dommage…. souvenirs de Roumanie ! ).

Par Maryse Fialon


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